La semaine dernière j'ai écrit que le remote avait fermé la porte aux juniors
Beaucoup l'ont compris comme un revenez au bureau et tout repartira
Si c'est ce qui est ressorti, c'est que je l'ai mal formulé
L'objection qui est revenue le plus dans les 86 commentaires était simple
Si le remote est responsable, alors le retour au bureau devrait relancer l'embauche des juniors
Sauf que le bureau où tu veux les faire revenir n'existe plus vraiment
Open space à moitié rempli, tout le monde avec son casque, le senior à deux bureaux de toi lui aussi sur Teams
Le collègue qui formait le junior sans même s'en rendre compte, en regardant son écran ou en débloquant un bug en cinq minutes, a en grande partie disparu
Le remote n'a pas créé le problème, il a retiré une partie de l'apprentissage informel qui le masquait
Et soyons clairs, le remote ne convient pas à tous les juniors
Le mot junior ne veut même plus dire grand chose, un bootcamp de 3 à 6 mois pond un dev parfois excellent, mais plus rarement un qui rattrape cinq ans de formation
Le remote demande de l'autonomie et de la rigueur, et sans cadre ce sont ces profils-là qui coulent les premiers
Une partie se repère au recrutement, l'autre se construit
Une fois le bon profil recruté, le vrai sujet est ailleurs, est-ce qu'on met un cadre autour de lui
- du peer programming
- des reviews faites ensemble
- un senior vraiment dispo au début
Et tout ça coûte des heures de senior, donc de l'argent
C'est précisément là que ça bloque
Faire revenir quelqu'un trois jours par semaine au bureau ne recrée pas ce cadre
Ça remet des gens dans la même pièce, sans relancer la transmission pour autant
Au fond, remote contre présentiel a toujours été un faux débat
La vraie question, c'est le nombre d'heures de senior qu'une boîte accepte de mettre pour faire grandir un junior
Alors, ta boîte investit vraiment ces heures, ou elle se contente de remplir un open space pour se donner bonne conscience ?
J'aide startups et scale-ups à concevoir, construire et faire évoluer leurs applications mobiles iOS et Android. Je travaille au quotidien avec React Native, que je pratique depuis sa sortie en 2015, ainsi qu'avec Expo, React.js et TypeScript. J'interviens du MVP à la mise en production sur l'App Store et Google Play, jusqu'à l'optimisation fine des performances et la structuration des équipes techniques.